Comment augmenter sa motivation à bouger?

Article paru dans LaPresse+ le 19 août 2016, section PAUSE, écran 4. Écrit par Marie Allard.

À peine 15 % des adultes canadiens bougent assez pour satisfaire les recommandations, qui sont de 150 minutes de sport par semaine.

« On sait tous que c’est bon pour nous de faire de l’activité physique et de bien manger, observe Jean-Michel Pelletier, psychologue en pratique privée à Montréal. Malgré nos connaissances et nos bonnes intentions, on n’arrive pas à maintenir certains comportements santé. Je me suis demandé pourquoi. »

Dans le cadre de son doctorat en psychologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, obtenu en mars, M. Pelletier s’est intéressé « aux gens qui abandonnent l’activité physique et surtout aux gens qui n’abandonnent pas, pour chercher quoi faire pour rester motivé et adhérer à un comportement santé », explique-t-il.

Résultats ?

« Il faut trouver comment passer de la culpabilité – causée par les recommandations et les messages sur Facebook qui encouragent à faire de l’activité physique – à une motivation qu’on dit intrinsèque. Qui vient de l’intérieur, pas de l’extérieur. »

— Jean-Michel Pelletier, psychologue en pratique privée

Pour que la motivation vienne de soi et prédise l’intention de faire du sport, « on a besoin d’une bonne attitude, d’un sentiment de contrôle et d’un sentiment d’autoefficacité, pour outrepasser les barrières qui vont se dresser », énumère le psychologue. Avec ces atouts en main, on se met réellement au sport et on maintient ses bonnes habitudes dans le temps, selon lui.

Pourquoi est-ce intéressant à savoir ? Parce que ça donne des pistes concrètes d’intervention auprès des gens, au lieu de leur répéter ad nauseam qu’ils doivent faire du sport.

Pour augmenter la motivation intrinsèque à bouger, il faut répondre à trois besoins :

BESOIN D’AUTONOMIE

« Quand un professionnel de la santé veut que son patient pratique une activité physique, il doit lui suggérer au moins deux ou trois choix pour répondre à son besoin d’autonomie, dit M. Pelletier. Si un médecin recommande à un monsieur de 50 ans de faire de la marche, alors qu’il n’a jamais aimé marcher, mais qu’il faisait de la natation quand il était jeune, ça ne fonctionnera peut-être pas. Il faut questionner la personne pour connaître ses intérêts et offrir des choix. »

On conseille souvent aux parents dont les enfants refusent de se vêtir d’offrir le choix entre deux tenues, une stratégie généralement efficace. « Le cerveau humain fonctionne comme ça, même à l’âge adulte, confirme le psychologue. On ne veut pas se faire dire quoi faire. »

BESOIN DE COMPÉTENCE

« Quand on entre dans un nouveau milieu, comme un gym ou un centre d’escalade, on est stressé, on se sent incompétent, dit M. Pelletier. Tout le monde est comme ça. Sachant cela, c’est sûr et certain qu’il faut faire des interventions de prévention. » On peut aller au nouveau cours avec un ami aussi néophyte que soi, s’informer à l’avance, dire franchement à l’entraîneur qu’on est débutant et que ça nous fait peur, etc.

« Au Nicaragua, il y a deux ans, j’ai fait du surf pour la première fois, illustre le psychologue. J’étais terrorisé. Je regardais les autres qui étaient meilleurs que moi, j’avais peur de l’eau… Pour me rassurer et outrepasser ce sentiment d’incompétence, je suis allé sur YouTube regarder des tutoriels. J’ai appris comment me lever sur un surf. C’est aussi basique que ça. »

BESOIN D’AFFILIATION

« La probabilité d’adhérer à un comportement bon pour la santé, comme l’activité physique, est beaucoup plus importante lorsqu’on est avec un ami ou lorsqu’on a du plaisir », souligne M. Pelletier.

On trouve donc un ami, collègue ou membre de la famille avec qui faire du sport. Ou encore, un entraîneur qu’on apprécie vraiment. « Il faut se donner le droit de changer de kinésiologue ou d’entraîneur, si on ne connecte pas avec lui », fait valoir le psychologue.

Il est aussi utile de prévoir, d’avance, quels seront les obstacles qui se dresseront et comment les contourner. « D’après la recherche, la fatigue et le manque de temps sont les deux principales barrières à la pratique d’activités physiques », indique M. Pelletier.

Vaut mieux en prendre conscience, en choisissant par exemple un gym près du boulot ou de la maison, pour perdre le moins de temps possible à faire la navette. Autre possibilité, quand l’horaire est chargé : s’entraîner à la maison… avec un ami, pour ne pas abandonner. « La solution appartient à chacun », souligne le psychologue.

L’essai doctoral Prédire l’intention de pratiquer l’activité physique chez une population inactive avec la théorie du comportement planifié et la théorie de la motivation autodéterminée de Jean-Michel Pelletier peut être consulté en ligne.

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